New OT Cybersecurity Trends - Nouvelles tendances cyber sécurité OT

Les dernières tendances de la cybersécurité OT et les solutions à mettre en place en 2026.

 

Les environnements industriels ne sont plus isolés par nature.

Exposition croissante sur Internet, ransomwares qui paralysent les chaînes de production, IA qui accélère les capacités offensives, réglementation qui rattrape l’OT : 2026 marque un tournant. Voici ce que RSSI, DSI et responsables de sites industriels doivent avoir en tête.

 

À retenir

  • Deux tiers des systèmes OT sont connectés au réseau IT, et l’exposition directe sur Internet progresse de 50 % par an.
  • Près de 20 % des cyberattaques touchent désormais l’OT selon l’ENISA, en hausse de 43 % sur un an.
  • 1 entreprise OT sur 4 subit un incident avéré par an, et 40 % de ces incidents entraînent un arrêt complet de l’activité.
  • L’IA va générer une augmentation des correctifs à appliquer sur les systèmes OT et sur les solutions de protection OT elles-mêmes : plus il y a de logiciel, plus il y a de failles. La course au patch est perdue d’avance dans l’OT, il faut des systèmes de protection sans logiciel, immunes aux zero-days.
  • NIS2 et les autres réglementations étatiques convergent toutes vers la même méthode : inventaire, réduction de surface d’attaque, isolation des actifs vitaux, surveillance continue, sauvegardes isolées.

 

Évolution des menaces : l’OT est devenu une cible

L’OT n’est plus un environnement isolé par nature. Aujourd’hui, deux tiers des systèmes industriels sont connectés au réseau IT de leur organisation, et l’exposition directe de ces systèmes sur Internet augmente de près de 50 % par an. Cette réalité s’est illustrée en mai dernier, en plein conflit iranien : des PLC de réseaux industriels américains d’eau et d’énergie, directement accessibles depuis Internet, ont été compromis par des groupes affiliés à l’Iran.

Les impacts potentiels ne se limitent pas à une perte de données. Une attaque sur un système OT peut provoquer des arrêts de production, des atteintes aux biens, aux personnes et à l’environnement. C’est ce qui fait de ces environnements une cible à fort pouvoir de levier pour les attaquants. Selon l’ENISA, près de 20 % des cyberattaques touchent aujourd’hui l’OT, avec une hausse de 43 % sur un an.

Pour ceux qui ont connu la cybersécurité IT il y a vingt ans, le parallèle est frappant. La même fausse impression de sécurité, la même conviction que les attaques arrivent aux autres, que l’on est trop petit pour être ciblé… et les mêmes conséquences à terme si l’on ne se prépare pas. La différence, c’est qu’on peut apprendre de l’histoire. Si l’OT représente 20 % des attaques, il est logique de lui consacrer au moins 20 % du budget cyber.

 

Impact de l’IA : la fenêtre d’exploitation s’est effondrée

L’IA va encore amplifier la pression sur la gestion des vulnérabilités. Le modèle Claude Mythos d’Anthropic a fait beaucoup parler de lui ces dernières semaines pour ses capacités en cybersécurité offensive, notamment dans la détection autonome de vulnérabilités. Ses performances ont conduit Anthropic à ne pas le rendre public et à le mettre d’abord à disposition d’une cinquantaine d’entreprises dans le cadre du projet Glasswing, avec pour objectif de leur permettre d’identifier leurs failles avant que le modèle ne soit accessible au grand public. Dans un deuxième temps, l’accès a été élargi à deux cents entreprises.

Les premiers résultats sont édifiants : en à peine un mois, plus de 10 000 vulnérabilités hautes ou critiques ont été détectées sur les logiciels de ces premières entreprises partenaires. Le rythme de découverte a été multiplié par dix. Microsoft l’a confirmé côté correctifs : le Patch Tuesday de Juin affichait un record de vulnérabilités corrigées, qu’il attribue directement à l’IA.

Ce que cela change concrètement pour l’OT
Dès qu’une vulnérabilité sera rendue publique, les attaquants seront capables de l’exploiter quasi immédiatement. La marge de manœuvre pour planifier des mises à jour disparaît. Dans l’IT, cette pression est déjà difficile à absorber. Dans l’OT, elle est structurellement insurmontable :

– Les actifs OT legacy ne peuvent souvent pas être patchés, parfois même pas du tout.

– L’IA va aussi générer des correctifs pour les solutions chargées de la protection des environnements OT eux-mêmes : firewalls, routeurs filtrants, passerelles. Ces équipements devront être patchés encore plus régulièrement. Fortinet, Palo Alto et Cisco figurent déjà dans le top 10 des éditeurs présentant le plus de vulnérabilités exploitées selon l’ENISA.

– Plus il y a de logiciel, plus il y aura de failles à corriger. Dans l’OT, cette course au patch est perdue d’avance. Il faut des systèmes de protection sans logiciel.

Cette dynamique génère une pression considérable sur les éditeurs, contraints de trouver et corriger leurs vulnérabilités toujours plus vite, puis sur leurs clients, qui devront appliquer les correctifs dans des fenêtres de plus en plus étroites. Dans l’OT, cette équation n’a pas de solution viable si l’on reste dans une logique purement logicielle.

 

Durcissement réglementaire : un levier autant qu’une contrainte

Les autorités ont pris la mesure du risque. Les infrastructures critiques et les environnements OT font désormais l’objet de réglementations dédiées dans de nombreux pays, et c’est une bonne nouvelle : la réglementation est toujours un levier pour faire avancer les sujets de sécurité au sein d’une organisation.

Le mouvement est mondial et s’accélère. Après NIS1, puis NIS2 en Europe, le Japon et l’Australie ont publié en 2025 des exigences spécifiques à l’OT et aux infrastructures critiques. En janvier 2026, le Royaume-Uni. En France, le ReCyF a été publié pour préparer les organisations à l’arrivée de NIS2. En avril au Canada, en mai aux États-Unis et en Inde.

NIS2 aurait dû être transposée dans tous les États membres de l’UE dès octobre 2024. En France, la loi prend du retard : elle ne devrait passer qu’en juillet de cette année, et on l’attend toujours. Mais la bonne nouvelle, c’est que ces différentes réglementations convergent sur une méthode commune, applicable dès maintenant.

 

Comment s’adapter : la méthode qui fait consensus

Réglementations et retours terrain convergent vers la même séquence. Ce n’est pas une checklist de conformité : c’est une démarche structurée, pensée pour les contraintes réelles de l’OT.

  1. Inventorier les équipements et les flux

On ne peut pas protéger ce qu’on ne connaît pas. L’inventaire des actifs OT et des flux réseau est le point de départ indispensable de toute démarche de sécurité. Seclab Xplore propose des capacités cartographiques uniques qui facilitent la collaboration entre les équipes IT et OT.

✅ Cartographier tous les équipements connectés au réseau OT, y compris les actifs legacy.

✅ Documenter l’ensemble des flux réseau existants.

 

  1. Réduire la surface d’attaque

Supprimer les actifs présents sur le réseau mais qui ne sont plus utilisés. Couper les flux devenus inutiles, comme un ancien flux d’administration maintenu par inertie. Chaque connexion non justifiée est un vecteur potentiel.

✅ Supprimer les actifs hors d’usage encore connectés au réseau OT.

✅ Désactiver ou bloquer les flux résiduels sans utilité opérationnelle.

 

  1. Identifier les systèmes vitaux et les isoler physiquement

Les systèmes vitaux sont ceux dont le bon fonctionnement conditionne directement le processus opérationnel. Une fois identifiés, ils doivent être isolés par des mécanismes physiques : déconnexion complète, ou protection basée sur du matériel plutôt que du logiciel. C’est la posture qui permet de sortir de la course au patch : des systèmes de protection sans logiciel n’ont pas de failles logicielles à corriger. C’est précisément ce que permettent Seclab Xchange et Seclab Xport, dont la technologie Electronic AirGap garantit une isolation au niveau matériel, sans dépendance à un cycle de patch.

✅ Identifier les actifs OT dont l’arrêt impacte directement la production ou la sécurité physique.

✅ Protéger ces actifs par une isolation basée sur des mécanismes matériels.

 

  1. Mettre l’infrastructure sous surveillance

Détecter les écarts par rapport à un comportement réseau de référence : nouveaux actifs, nouveaux flux, comportements anormaux. La surveillance continue permet d’identifier une intrusion avant qu’elle ne génère un impact opérationnel. Seclab Xplore répond à cet objectif de détection continue.

✅ Mettre en place une surveillance continue des flux OT.

✅ Définir un processus de traitement des alertes adapté aux équipes OT.

 

  1. Sécuriser les sauvegardes

Des sauvegardes accessibles depuis le réseau peuvent être chiffrées par un ransomware, rendant toute reprise impossible. Les sauvegardes OT doivent être testées régulièrement et isolées physiquement du réseau de production. Seclab Xchange permet ce type de transfert vers des environnements isolés, avec contrôle des flux entrants et sortants.

✅ Isoler physiquement les sauvegardes OT du réseau de production.

✅ Tester régulièrement les procédures de restauration.

C’est cette démarche complète que Seclab a structurée dans la plateforme Seclab Xcore : visibilité de l’infrastructure OT, détection des menaces augmentée par l’IA, et protection des actifs sensibles pour une défense en profondeur.

 

Et maintenant ?

La menace est réelle et la pression va encore augmenter avec l’IA. Les organisations qui auront su se préparer à temps pourront limiter les dégâts. La méthode existe, les technologies adaptées aux contraintes industrielles existent. Ce qu’il faut, c’est décider de commencer.

 

Pour en savoir plus, visionnez cet extrait du replay de notre webinar de Juin 2026.

 

 

 

FAQ

Pourquoi les environnements OT sont-ils plus difficiles à sécuriser que l’IT ?

Ils ont été conçus pour la disponibilité et la durée de vie longue, pas pour la sécurité informatique. Les actifs legacy ne peuvent souvent pas être patchés, certains ne disposent d’aucun mécanisme de mise à jour prévu à la conception. Les mécanismes de remédiation habituels de l’IT ne s’y appliquent pas.

La segmentation par firewall suffit-elle à protéger les actifs OT ?

Non. Un firewall repose sur du logiciel, donc sur des composants eux-mêmes vulnérables. Dans un contexte où l’IA réduit la fenêtre d’exploitation, maintenir le niveau de protection des équipements de segmentation devient un défi en soi. Les mécanismes d’isolation matériels, sans pile logicielle attaquable, offrent une garantie structurelle que le logiciel seul ne peut pas apporter.

NIS2 s’applique-t-elle déjà aux entreprises françaises ?

La loi de transposition française n’est pas encore promulguée. Mais la réglementation est un levier : se préparer maintenant permet d’avancer sur le sujet en interne, et d’éviter un sprint sous pression lors de l’entrée en vigueur officielle.

Par où commencer concrètement ?

Par l’inventaire. Toutes les réglementations s’accordent sur ce premier pas : cartographier les actifs OT et les flux réseau. On ne peut pas protéger ce qu’on ne connaît pas.

Published On: 17 juillet 2026Categories: Blog